Les gouvernements arabes, absents physiquement, verbalement et moralement aux funérailles de Shimon Pérès, témoignent encore une fois de l’absence totale de stratégie pour défendre les intérêts de la Palestine.

Il n’y a que dans les journaux, les télés et les réseaux sociaux que plusieurs ont saisi l’occasion pour rappeler l’histoire sanguinaire du Prix Nobel de la Paix en 1994 aux côtés de Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. Et si ce n’est pas pour rappeler cette histoire, c’est sinon pour insulter ceux qui sont allés aux funérailles et en particulier Mahmoud Abbas, président de l’état palestinien et unique dirigeant arabe présent à la cérémonie.

Peu importe ce qu’on peut penser du Prix Nobel de la Paix et de son instrumentalisation politique, il reste toujours étonnant de constater jusqu’à quel point les gouvernements arabes n’ont toujours pas réussi à mettre en place la moindre stratégie pour défendre le peuple palestinien à part celle de la non reconnaissance d’Israël. C’est comme si par la simple non-reconnaissance d’un pays, celui-ci, un des plus puissants du monde, cessera d’exister du jour au lendemain, ou se conformera au droit international et aux exigences de ses détracteurs. Cela veut dire que depuis des décennies, les gouvernements arabes n’ont même pas réussi à faire le moindre pas vers la réflexion stratégique la plus basique des relations internationales et qui peut se résumer par : 1. Quel est le but ? et puis 2. Quelles politiques faut-il mettre en oeuvre pour y arriver ?

Les peuples arabes quant à eux sont bien à l’image de leurs gouvernements. Ils sont encore à l’étape du bébé qui crie et qui pleure et qui ne comprend rien de sa propre situation ni de ce qu’il veut précisément. Ils sont de ce fait systématiquement dans l’étape qui précède l’intelligence et le langage ; et ne réalisent pas encore que par leur ignorance formatée longuement par la propagande ils n’ont absolument rien fait pour les Palestiniens, pour ne pas dire qu’ils sont même complices de leur drame.

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Il faut comparer le comportement de ces mêmes dirigeants arabes lorsqu’il s’agit du décès ainsi que des funérailles d’un prince ou un roi saoudien. Ils se ruent alors tous vers Riyad en écrivant des communiqués passionnés et en prononçant des louanges envers sa majesté. Qui pourtant entre les dirigeants israéliens et saoudiens a vraiment le plus saboté le progrès arabe et détruit sa culture ainsi que son pouvoir diplomatique ? Il faudra encore des décennies pour que des peuples aussi mentalement asservis et endoctrinés réalisent où sont exactement leurs chaines et comme il est facile de s’en libérer. Premièrement il faudrait qu’ils commencent par se libérer eux-mêmes de leurs dogmes et de leurs opinions primaires, ensuite de leurs gouvernements, et puis de l’emprise des pétromonarchies sur les économies et les esprits, pour en arriver enfin à tracer des stratégies intelligentes pour résoudre des problèmes géopolitiques aussi complexes que celui de la Palestine. La route est très longue. Ce sera une question de générations, si les prochaines seront mieux éduquées que celles-ci.

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